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  • Tatiana Chaumont

François Delayre, Delr, De L'R : artisan ou artiste photographe, telle est la question?

Voici l'histoire de François Delr, photographe insolite, basé à Auray, dans une charmante ville de Bretagne au coeur du Morbihan entre Lorient et Vannes.

Un enfant pénible, agité, certes, mais pas que...

Quand on lui offre pour la première fois, à l’âge de 10 ans un appareil photo jetable, il s’empresse de photographier tout ce qu’il voit dans sa maison d’enfance à Drancy. Sa façon à lui de capturer les objets, de les cueillir, de les immortaliser, de leur donner une dimension un peu “mystique”. Ayant consommé sans réfléchir les 27 poses de son premier appareil en un temps record, sa famille décide d’attendre quelques années avant de lui remettre entre les mains cet objet magique qui révèle un instant T toujours passé. Sans compromission, François est animé, agité. Disons le franchement, c’est un enfant pénible et insatiable, dévoreur de BD, et passionné par l’image, la composition, le détail, les poignées de portes par exemple.


“Merci à mon oncle de m'avoir trimballé à la cité des sciences de La Villette quand j'étais encore gamin ; j'y ai construit des casses-têtes chinois en plastique découpés au laser, des origamis en carton etc. que j'ai ramené chez moi, avec le goût de fabriquer des trucs."

Il regarde admiratif, les dessins animés des pays de l’Est que son père produit. Un père agile avec les mots, capable d’émouvoir les foules avec subtilité. Il lit les ouvrages que sa mère, fervente littéraire lui soumet pour parfaire son éducation et aiguiser sa pensée critique. Issu d’une famille 100% communiste, il tombe dans la marmite tout petit et en ressort fidèle aux valeurs du partage, de l'entraide, de la communication considérant le temps passé avec les gens comme une richesse.


Ses premiers essais photographiques, comme les premiers roulages de pelle : pas une réussite…

À l’adolescence, soumis aux regards des autres, il pratique de nouveau la photographie pour immortaliser des souvenirs de vacances. Il s'efforce de répondre aux règles académiques, au Nombre d’or, à la prise de vue “ ⅓ et deux tu l’auras”. Seulement François, la tête dans les nuages, offre trop de ciel à ses photos “très clichés”. Avec ce soupçon de décalé, de hors champs, coïncidant avec sa personnalité singulière, il montre autre chose, ce qu’une image ne dévoile pas souvent.  François est à l’époque un bon créatif mais il n’est pas “chercheur”; pas encore assez tourné vers le monde, pas encore assez curieux pour faire de l’art.

Il s’installe à Bordeaux et son adolescence est baignée dans le sirop des quartiers populaires de cette ville autrefois très animée (à Saint Michel et Saint Pierre). Adepte de Noir Désir, La Rue Ketanou, du Reggae, tapeur de djembe, aficionado de Marie Jeanne, de la racine à la pointe des cheveux, jongleur, pratiquant les jeux vidéos et dévorant les films, il est à fond dedans et heureux ! 

Un esprit cosmopolite et affable

Passionné par les langues, les sciences économiques et les figures de styles, François décroche une Licence des Sciences de l'Information et de la communication à l'ISIC. Il se forme aussi à la photographie argentique. Il s’initie sur plusieurs appareils mais il porte une préférence net pour le Kiev 60 avec ses 3 objectifs Carl Zeiss "Jena" (copies de l'Est des fameux Carl Zeiss).


Il est subjugué par certains photographes comme Martin Paar, avec sa vision de la consommation totalement absurde sublimée par ses iconographies aux couleurs d’été ; Vivian Maier, une expérimentatrice aux portraits saisissants, l’incroyable Helen Levitt ou la vision électrique de la pauvreté des quartiers de New York ou Elliott Erwitt, le poète des grandes vérités de l’histoire.

“Merci à ma sœur "du milieu" pour son apport considérable en références artistiques et en photos lors de mes débuts.”

Troublé par les nuances et les contrastes des noirs et blancs. Captivé par la porosité des grains de l'argentique jusqu'à présent inégalés, François comprend que c’est là que l’image lui semble être la plus authentique, la plus humaine en quelque sorte. Et, comme si le temps était en distorsion, le cœur palpitant à observer le papier photosensible entrain de se révéler dans le bain. Tel un magicien, il apprend à maîtriser l’instant du QUAND, quand saisir et fixer cette magie, cette image unique

Le voyage, une claque qui bouleverse et qui rend vivant.

Il aime le caractère cosmopolite du monde, le brassage des langues, la nourriture des mots et des mets, les rencontres. Il aime quand ça parle et fait un parallèle avec ses souvenirs de la Fête de l’Huma.   Puis il décide de découvrir d’autres mondes... Il fait la rencontre d’artistes, créant ainsi des partenariats, c’est à partir de là qu’il comprend qu’il est artiste et qu’il ne peut créer qu’en collectif.



“Merci à Miguel Cabral, réalisateur de son métier, de m'avoir montré un tirage noir et blanc réalisé par ses soins. On y voyait un homme dormant dans une charrette au Maroc. Le jeu de la lumière avec les ombres m'a sauté aux yeux. La scène qui aurait pu être banale avait là une sorte d'aura, une force irréductible : je découvre la puissance iconique du noir et blanc. Cet ami m'a alors expliqué sur un bout de papier, en deux temps trois mouvements, les deux trois choses à savoir pour faire fonctionner un appareil. Ce moment a été fondateur, et je n'ai pas tardé à acquérir un appareil par la suite, à mon retour en France (nous étions alors en 2007)...”

De 2007 en 2015, François évoque avec ses propres mots son aventure


“ 2007 donc, retour en France. Une année de petits boulots et surtout un marathon de tutoriels en ligne sur toute la suite Adobe.

L'année suivante reprise des études à Bordeaux, à l'Institut des Sciences de l'Information et de la Communication (ISIC). Licence obtenue 3 ans plus tard, à l'issue d'un stage en tant qu'assistant de com' pour le festival des arts de la parole "Chahuts" à Bordeaux. L'expérience me plaît beaucoup et sera formatrice à bien des égards, mais j'ai la bougeotte et je souhaite communiquer d'une autre façon que par envoi de mails et rédaction de dossiers de presse...


Départ pour le Royaume-Uni à la rentrée de septembre, pour intégrer un lycée près du Pays de Galles, comme assistant de français. Je me suis formé au Français Langue Etrangère via le C.N.E.D et l'Alliance Française lorsque j'étais à Lisboa.


Deux ans en Angleterre, on m'offre l'opportunité d'enseigner la photo et je cumule avec un boulot de barman le soir, pour l'ambiance. À Hereford, je commence un mini-reportage sur les femmes prêtres, étonné de voir une femme avec le "Dog Collar : ce collier blanc signale leur rang et n'est, de notre côté de la manche, porté que par des hommes.

J'envoie un synopsis (très peu professionnel je pense) à divers revues (La croix, La vie, l'Huma...), sans réponse. Le mouvement des femmes prêtres fait une pause en attente d'une décision du grand conseil des évêques. Là s'arrête ma première tentative de photoreportage. (les femmes ont depuis obtenu le droit de devenir évêques dans l'Eglise d'Angleterre)”


Il est admiratif du métier si particulier de reporter photographe : prendre sur le vif quelque chose qui doit être montré, peu importe les risques. Il évoque d’ailleurs certains d’entre eux :  


“- Raymond Depardon pour ses travaux sur le paysage (Errances) et son goût du super grand-angle vas-y que je te colle au train pendant que tu courres (guerre(s) du Liban).

- Sebastião Salgado pour son traitement léché du noir et blanc, et pour TOUS les sujets qu'il a pu suivre, avec un engagement incomparable.

- Zana Briski et tous les enfants photographes du Red Light District de Calcutta (voir le film "Born into brothels").



Edmundo


2013, Francois a besoin d’air et d’eau.



“2013, j'ai besoin d'air, de mer. En vacances à Bordeaux, je m'initie au cabotage sur le petit voilier d'un ami, nous partons explorer la Garonne et plus loin, l'estuaire de la Gironde. Je décide de faire comme lui quelques années auparavant : la traversée de l'Atlantique en bateau-stop. Je prends des cours chez les anglais de Gibraltar, puis les bretons des Glénans.


Au Canaries : attente et arpentage quotidien des pontons, j'écris un journal et dessine quelques croquis. Je rencontre des personnages hauts en couleurs et prends des photos en noir et blanc.


Arrivée en voilier aux Antilles, descente vers le Brésil via la Guyane, remontée de l'Amazone, puis envol vers Santiago du Chili : une jungle en chasse une autre... Après 3 jours, rencontre totalement fortuite avec un photographe des plus passionnés : Edmundo (son portrait ci-dessus). Lui et sa famille m'adoptent, me montrent la ville, au-delà et surtout, le cœur des chiliens.”


François Delayre me dit que ce qui l’anime à présent dans sa pratique de photographe sont les portraits, les objets, les fruits, les légumes, l’expression des motifs de la nature, d’un visage à la découpe d’un fruit mûr. Il me parle alors de ces artistes dont il s’inspire :

William Klein, Nan Goldin, Les maliens Seydou Keita et Malik Sidibé, dont nombre de photos sont épinglées sur les murs chez ma mère, Walker Evans et les autres photographes du New Deal, toute l'équipe de photographes mandatée par Albert Kahn pour réaliser ses fameux autochromes, J.R notamment pour la forme originale de ses tirages, exposés dans - et jouant avec - l'espace public. Les époux Parke Harrison (poésie, onirisme), Jean Lecointre pour son humour, Gilbert Garcin pour la philosophie en image, Patrick Bailly-Maître-Grand pour ses photographies sans appareil.”


Il revient en France en comprenant mieux qui il est et ce qu’il veut. 

En 2015 il arrive à Auray et décide de se reconvertir dans la menuiserie marine, il réalise alors une formation à l’AFPA, il est captivé par le bois mais pas vraiment par le plastique. Il anime des ateliers de photographie en TAP, dans les écoles. Il fait la connaissance du FABLAB ou la FABrique du Loch à Auray. Un jour, Gilbert lui montre un logiciel permettant de réunir les deux passions de François : créer des appareils photos dit polaroïd avec du bois en découpe laser. Comme Il adore transmettre sa passion, il propose à l’ancien directeur de la  M.A.L ( Maison des Associations et des Loisirs), Guillaume Duclos de réaliser des ateliers. Il connaît un véritable succès. C’est ainsi que je le découvre : il fait la promotion de ses ateliers avec un humour et une simplicité déconcertante. Découvrant le résultat photographique sous mes yeux, il a trouvé là une activité de transmission à plusieurs niveaux qui rassemble, qui fait réfléchir, qui évoque le temps comme le tanin d’un bon vin.




Transmetteur et pédagogue, François propose 5 ateliers différents :

1 - Atelier StopMotion (animation image par image)  2 - Atelier Argentique (prise de vue et développement argentique)  3 - Atelier Sténopé (outil par excellence pour découvrir les grands principes de la photographie argentique) 4 - Stage Polaroïd Maison (découpe laser sur bois médium, création de son appareil, prise de vue et développement) 5 - Atelier Cyanotype (Couvrant une des techniques d’impression photographique les plus anciennes mais également les plus faciles à mettre en œuvre)


Il ne s’arrête pas là, entre les collectifs et les salons : 

François expose ponctuellement avec un collectif d’artistes : La Fabrique du Sensible


Il participe aussi à des salons ou dans des espaces culturels (dernièrement à la médiathèque de Quiberon ou encore au premier salon du vintage à Auray) et pratique volontiers la vulgarisation de son métier afin de le rendre accessible en proposant aux passants de se faire tirer le portrait ! Inspiré par les photographes pictorialistes, il ose créer une confusion entre la peinture, la gravure et la photographie.


“Évoluant entre la photographie traditionnelle et les arts plastiques (peinture, pochoir, collage…), mon approche de l’image se veut transversale, accueillant volontiers toutes influences et techniques susceptibles de servir mon propos. Mes derniers travaux m’ont amené à considérer des thématiques liées à l’identité, la mémoire individuelle et familiale, les échelles de réels.”


Ses projets : 

Il veut poursuivre son activité de transmetteur dans les zones “à risque” où les jeunes n’ont pas forcément les moyens de s’offrir un stage. C’est pour cette raison que ponctuellement il propose des ateliers gratuits. De nature altruiste et modeste, François cherche le savant équilibre entre le plaisir d’échanger et de vivre de son art. Il souhaite étendre son activité dans le domaine du privé : faire tirer le portrait lors d'événement (Mariage, Colloque, fête, Salon, Soirée d’entreprise pourquoi pas!) 


Un évènement à venir :


Cité en fête le 18 mai 2019 au stade Bel Air à Auray


" Organisé par la Direction Éducation Enfance Jeunesse, l'événement rassemble des porteurs de projet en lien avec les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV).


J'y serai avec La Fabrique du Sensible (qui a présenté un projet cette année), nous proposerons de réaliser des cyanotypes ainsi que des mobiles en bois.


De nombreuses associations et animations seront également présentes, le tout gratuitement bien sûr. "

Comment contacter François Delayre ?

Site web : www.francoisdelr.fr Adresse mail : info@francoisdelr.fr Facebook : @delrfran Téléphone : 06 44 78 25 72


Ses tarifs

70 euros de l’heure

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Voilà c'était l'histoire de François...

Si cela vous a plu, je vous invite à suivre son actualité.


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À bientôt :)